Saisonnier
Tuyau plastique qui devient cassant au froid, le défaut qui attend un choc

Les canalisations en matériaux de synthèse ont beaucoup d'avantages, et un comportement particulier au froid qu'il vaut mieux connaître avant l'hiver. Elles ne rouillent pas, ne s'entartrent pas de la même façon que le métal, mais elles perdent de leur souplesse quand la température descend, et cette rigidité change complètement la manière dont elles cèdent.
Souple en été, rigide en hiver
Un tube de synthèse encaisse normalement les chocs et les déformations en se déformant lui-même : il plie, absorbe, revient. Le froid réduit cette capacité. Le matériau devient plus raide, moins tolérant, et l'énergie d'un choc qui se dissipait auparavant dans la déformation se concentre désormais en un point, où elle produit une fissure. Un tube ancien, exposé aux ultraviolets pendant des années ou soumis à des cycles de chaleur répétés, aura perdu davantage de souplesse encore, ce qui explique que deux canalisations apparemment identiques ne réagissent pas de la même façon au même hiver.
Où se trouvent les tuyaux concernés
Ils sont plus nombreux qu'on ne l'imagine dans un logement. Les circuits extérieurs d'abord, arrosage enterré, alimentation d'un abri de jardin, tuyauterie de piscine, raccordement d'un robinet de jardin. Les évacuations ensuite, qui passent souvent en façade ou en local non chauffé et que personne ne pense à protéger, alors qu'un siphon ou une portion en pente douce peut retenir de l'eau. Les alimentations enfin, quand elles traversent un garage, une cave, un comble ou un vide sanitaire, ou qu'elles ont été ajoutées lors d'une extension, en apparent, le long d'un mur froid.

Le choc mineur qui suffit
Le scénario le plus fréquent n'a rien de spectaculaire. Un tube gelé reçoit un coup de pied dans un garage encombré, une échelle posée contre lui, une caisse déplacée qui l'accroche, une tondeuse ou un outil de jardin qui touche une portion affleurante. Rien de tout cela n'aurait laissé de trace en saison douce. En plein froid, le tube se fend, souvent sur une ligne nette, et la fuite se déclare soit immédiatement, soit au retour de la pression.
Quand la contrainte vient de l'intérieur
L'autre mécanisme n'a besoin de personne. L'eau qui gèle à l'intérieur du tube augmente de volume et pousse sur une paroi devenue rigide, incapable de se déformer pour absorber. Un tube déjà contraint par sa pose, coincé entre deux supports trop serrés, cintré à froid lors de l'installation ou plaqué contre une arête maçonnée, cumule alors deux contraintes et cède sans qu'aucun choc extérieur n'intervienne. C'est ce qui donne ces ruptures inexplicables constatées au dégel dans un local où personne n'était entré.
La protection qui marche vraiment
Sur les circuits saisonniers, la réponse est la vidange. Un tube vide ne gèle pas, il ne subit aucune contrainte interne, et sa rigidité au froid n'a plus aucune importance tant que rien ne vient le heurter. C'est la raison pour laquelle la purge des réseaux extérieurs avant les premiers froids protège mieux que n'importe quelle isolation.
Sur les portions qui doivent rester en service, l'isolation continue reste utile, à condition de traiter aussi les raccords et les organes de coupure. Il faut y ajouter une précaution que l'on oublie souvent : dégager ce qui entoure le tube. Un tuyau plastique accessible dans un garage se protège autant par un rangement qui évite les chocs que par un manchon de mousse.
Rupture du tube ou défaillance du raccord
Les deux se ressemblent au moment où l'eau apparaît, et pourtant elles ne se réparent pas de la même façon. Une rupture du tube laisse une fente franche, souvent longitudinale, qui suit la génératrice de la canalisation : elle impose de remplacer la portion concernée. Une défaillance d'assemblage se manifeste plutôt par un suintement autour d'un raccord, un joint qui a perdu sa compression avec la déformation du matériau au froid, et peut se traiter localement. Sécher soigneusement la zone puis observer par où l'eau réapparaît reste le moyen le plus simple de trancher avant d'engager quoi que ce soit.
Les évacuations, angle mort classique
Une évacuation ne circule pas en permanence et retient de l'eau dans ses points bas et ses siphons. En local non chauffé ou en façade exposée, ce volume résiduel gèle, dilate, et fissure un tube qui, lui, n'était sous aucune pression. Le défaut ne se manifeste alors qu'au premier usage suivant, sous la forme d'une fuite sous un évier, dans un mur ou derrière un habillage, avec un écoulement d'eau usée qui pose davantage de problèmes qu'une simple fuite d'eau propre.
Après l'hiver
La remise en service se fait lentement, en surveillant les portions exposées, avec la possibilité de refermer aussitôt. Un contrôle de compteur tous robinets fermés, une fois la saison froide passée, reste le témoin le plus fiable pour vérifier qu'aucune portion n'a été fissurée sans le montrer. Sur un circuit d'arrosage ou de piscine, remis en eau plus tard dans l'année, le même contrôle s'impose au moment du redémarrage plutôt qu'au printemps.


