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Méthodes

Gaz traceur, caméra thermique ou acoustique : quelle méthode pour quelle fuite ?

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Gaz traceur, caméra thermique ou acoustique : quelle méthode pour quelle fuite ?

Chercher une fuite sans casser, c'est la localiser par ce qu'elle produit plutôt qu'en ouvrant jusqu'à la trouver. Trois méthodes le permettent. Aucune ne convient à toutes les situations, et c'est la configuration qui décide.

La caméra thermique

Elle mesure la température de surface. Une fuite d'eau chaude réchauffe le matériau autour d'elle, une zone détrempée le refroidit par évaporation. Dans les deux cas, un écart apparaît, invisible à l'œil mais net à l'image.

Ce qu'elle fait bien : les circuits d'eau chaude sanitaire et de chauffage, les planchers chauffants, les fuites sous carrelage ou sous dallage.

Ses limites : elle ne voit pas à travers les matériaux, elle lit une empreinte en surface. Sur un circuit d'eau froide dans un mur épais et bien isolé, l'écart peut être trop faible pour être exploitable.

L'écoute acoustique et la corrélation

L'eau qui s'échappe sous pression fait du bruit, et ce bruit se propage le long de la conduite. Un géophone posé au sol l'amplifie. Le corrélateur va plus loin : deux capteurs placés en deux points accessibles du réseau, et le calcul du décalage entre les signaux donne la position de la fuite entre eux.

Ce qu'elle fait bien : les canalisations enterrées, les réseaux sous chape, tout ce qui est sous pression et hors de vue.

Ses limites : elle a besoin de pression et d'un matériau qui transmet le son. Sur une conduite plastique, un sol très meuble ou une fuite à faible débit, le signal peut être trop pauvre.

Le gaz traceur

Un mélange inerte est injecté dans la conduite préalablement mise hors d'eau. Plus léger que l'air, il remonte au travers du sol, de la chape ou de l'enduit et ressort à l'aplomb de la fuite, où un détecteur le capte.

Ce qu'il fait bien : les cas où les deux autres méthodes ne tranchent pas. Il ne dépend ni de la température, ni de la propagation du son.

Ses limites : il demande de vider et d'isoler la portion concernée, donc un peu plus de préparation. Sur un revêtement parfaitement étanche, la remontée peut être déviée et il faut interpréter.

Comment on choisit sur le terrain

L'ordre est presque toujours le même. On commence par écarter ce qui n'est pas une fuite de canalisation : condensation, infiltration par la façade ou la toiture, remontée par le sol. Puis on fait un test de pression, qui confirme la fuite et isole le circuit concerné, eau froide, eau chaude ou chauffage.

C'est seulement là qu'on choisit la méthode, en fonction du support et du circuit. Et quand la première méthode donne une zone plutôt qu'un point, on en ajoute une seconde pour recouper.

Ce qui compte vraiment

Pas la technologie employée, mais la précision obtenue. Une fuite localisée à un mètre près, c'est une pièce ouverte. Localisée à dix centimètres près, c'est un carreau déposé. Sur une fuite encastrée, la différence entre les deux dépasse largement le coût de la recherche.

Bon à savoir

Questions fréquentes

Une seule méthode suffit-elle ?

Souvent non. On recoupe fréquemment deux méthodes pour confirmer une localisation, en particulier quand la première donne une zone plutôt qu'un point. Le recoupement est ce qui permet d'annoncer un point précis plutôt qu'une estimation.

Le gaz traceur présente-t-il un danger ?

Non. C'est un mélange inerte, sans effet sur les canalisations et sans risque pour l'occupant. La conduite est simplement mise hors d'eau le temps de l'opération, puis remise en service normalement.

La caméra thermique voit-elle à travers les murs ?

Non, et c'est un malentendu fréquent. Elle mesure la température de surface. Ce qu'elle révèle, c'est l'empreinte thermique laissée en surface par ce qui se passe derrière, ce qui suffit à cibler une zone sans rien ouvrir.

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